Jeudi 21 juin 2007
Je n'ai pas la télé, certes, mais j'adore le cinéma. Et le cinéma, quand il parle de cuisine, j'adore!Le Festin de Babette, je l'ai vu plusieurs fois. Je m'achèterais un jour peut-être le dvd. Et à chaque fois, je suis ébahie, transportée, passionnée, ... enfin vous avez compris. Il y a des films que j'adore, mais celui-ci, il est à part, il est au fond de moi.
Je vous raconte l'histoire : Babette arrive dans un village désolé du Danemark. Elle se met au service de deux soeurs célibataires. Vie sans joie, au service de Dieu. Babette prépare chaque jour le même repas : du poisson. Sans artifices. Mais sa façon de préparer ce plat quotidien a quelque chose de magique. Derrière cette vie morose, il y a des douleurs enfouies, des amours non consommés pour les deux soeurs qui ont choisi de se consacrer à Dieu. Un jour, Babette gagne à la loterie : beaucoup d'argent. Elle décide d'offrir un repas aux habitants du village (il est petit). Et là, je vous le dis, j'en ai les larmes aux yeux...
Mais pas n'importe quel repas : un festin. Elle fait venir des denrées par la mer. Prépare une table majestueuse. Les scènes dans la cuisine me font mourir... de plaisir. Cailles en sarcophages (avec du foie gras), soupe de tortue... les convives en sont médusés. Ils se révèlent, sourient, mangent avec délectation. Et l'un des convives, un général je crois, dit que la dernière fois qu'il a éprouvé un si divin plaisir culinaire, c'était en France, à la table d'une cuisinière hors du commun. Cette cuisinière c'est Babette. Elle a fui la Commune (nous sommes en 1870), où elle a perdu son fils et son mari. Voilà. Après ce repas, Babette n'a plus rien, plus d'argent, mais il lui reste cette infini plaisir du don de soi, de cette convivialité tout à coup révélé. D'avoir pu une dernière fois délivrer sa passion. Pour moi, c'est un acte d'amour.
Moi j'aime bien quand on me
raconte ce que l'on a mangé au resto. Je me dis, il y a peut-être un truc à glaner.
Vous le savez, la cuisine est pour moi synonyme de mon propre équilibre. En voyage, je veux bien laisser mes casseroles, mais à la maison, la cuisine c'est mon
souffle, mon temps créatif, là où je ne doute plus de moi, ou presque (y en aura-t-il assez?!).
Cela faisait longtemps que je voulais le faire. Grâce à internet retrouvé, grâce à ceux qui m'ont encouragé, "fleur de
thym" est né. Ma nouvelle région me donne des aîles. Histoire de vous faire partager ma passion de la cuisine, au gré de mes envies et de mes lectures. C'est le début, je l'espère, d'une grande
aventure.


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